Lauréat 2014

Prix Lémovice 2014 : Philippe Paret pour son master 2 Le communisme rural en Haute-Vienne. Etude d'une culture politique de la Libération à la fin des années 1960 (Université de Bordeaux 3).

Evelyne Proust, Philippe Paret, Jacqueline Hoareau, Robert Chanaud

 

Résumé de la communication de Philippe Paret à l'assemblée générale

 Le communisme rural en Haute-Vienne.

Étude d'une culture politique de la Libération à la fin des années 1960

 

La Haute-Vienne s’est caractérisée par une très forte implantation du parti communiste dans les campagnes tout au long du XXe siècle, en particulier de la Libération à la fin des années 1960, qui se manifeste notamment par de très bons résultats électoraux dans un nombre important de communes « bastions ». Ce communisme représente néanmoins une culture politique originale à plus d’un titre. Plutôt que le parti de la révolution prolétarienne, le PCF se fait ainsi le défenseur des petites propriétés familiales mises en péril par la forme que prend alors la modernisation agricole. Pour établir son influence, il a recours à plusieurs relais organisationnels : si le militantisme politique classique est peu important, l’action des syndicats, des municipalités et de la presse est en revanche essentielle. Au centre de ce réseau se trouvent les leaders paysans, liens entre l’univers communiste et les paysans.

 

Il est intéressant de constater que le communisme rural s’appuie sur des représentations de l’agriculture et des paysans anciennes, parfois folkloriques, mais issues de la tradition contestataire du département (comme par exemple la lutte des petits contre les gros ou la figure de Jacquou le Croquant), marquant ainsi l’aspect identitaire de cette culture politique construite autour d’un marxisme bien peu orthodoxe. Le PCF s’efforce ainsi d’apparaitre comme le meilleur protecteur d’une économie et d’un mode de vie paysan traditionnels, tout en se faisant le promoteur d’une redynamisation des espaces ruraux qui passerait par la modernisation des techniques agricoles et la création de nouvelles sociabilités gravitant autour de l’engagement communiste.

Philippe Paret