Actualités 2014

 Dans le cadre du projet sur les circulations

Conférence d'Isabelle Cartron

professeur d'histoire et archéologie médiévale (université Bordeaux 3, Ausonius) :Du Val de Loire à la Bourgogne, les pérégrinations des moines de Saint-Philibert à l’époque carolingienne

Plus de 70 personnes ont assisté à la conférence.
Résumé

Les pérégrinations des moines de Saint-Philibert, de Noirmoutier à Tournus en Bourgogne, ont souvent été citées dans l’historiographie pour caractériser la fuite devant les incursions scandinaves au IXe siècle. Isabelle Cartron revisite le périple des moines de Saint-Philibert et envisage leurs déplacements moins comme les errances aléatoires des moines face aux Vikings que comme la construction d’un réseau de dépendances.

L’auteure s’est appuyée sur un abondant dossier documentaire, incluant l’analyse de divers diplômes et confirmations des droits délivrés en faveur de Saint-Philibert, mais aussi des sources littéraires. La Vie de saint Philibert, puis deux recueils de Miracles de saint Philibert sont rédigés par le moine Ermentaire dans le deuxième tiers du IXe siècle. Les sources liturgiques du monastère, ainsi que les indices archéologiques et des objets de culte (tel le flabellum, éventail liturgique) complètent la connaissance de la destinée de ce groupe monastique.

Le monastère de Saint-Philibert ou Herio a été fondé au VIIe siècle par saint Philibert et Ansoald, évêque de Poitiers. Malgré le début des incursions scandinaves vers 819-820, ce n’est qu’en 836, que les moines quittent l’île de Herio pour le site de Deas, proche du lac de Grandlieu, où s’élève bientôt leur deuxième monastère. Après 843, ils se partagent en plusieurs groupes, et s’installent notamment à Cunault sur la Loire en Anjou (concédé en 845 par le comte de Tours) puis à Messais en Poitou en 862. Les moines s’appuient sur des lignages chargés de la défense des côtes du Bas-Poitou qui leur garantissent des refuges vers l’Anjou et le Poitou.

Cette période coïncide avec des conflits récurrents avec les Bretons et une installation des Scandinaves dans la vallée de la Loire. Lorsque les Bretons parviennent à mettre la main sur le pays de Retz au sud de la Loire, où est installé le monastère de Deas, c’est le signal d’un abandon durable des implantations du monastère et de nouvelles migrations.

Geilon est un personnage important pour le monastère. Entré au monastère en 867/868 et devenu abbé de Saint-Philibert avant 870, il joue un rôle essentiel dans l’installation définitive des moines de Saint-Philibert hors du Poitou. Il est parent du groupe familial chargé de la défense de la Basse-Loire (Renaud d’Herbauge, Ramnulfe II de Poitou) et est étroitement lié aux hommes de confiance de Charles le Chauve, roi qui concède à l’abbé Geilon le castrum et la villa de Tournus, en 875.

Ces quarante années de pérégrination vont contribuer à forger une identité à ce groupe monastique.

Catherine Faure-Delhoume


 Dernière publication de RHL :

Limousin, terre d'historiens

 Depuis un millénaire, le Limousin se distingue comme une pépinière d'historiens : moines au Moyen Âge, magistrats à l'époque moderne, notables érudits au XIXe siècle, universitaires au XXe...

L'histoire serait-elle une passion des Limousins ?

Pour plus de détails, voir la rubrique Collection RHL.


 

Assemblée générale 2014

 

Lors de l'assemblée générale, le prix Lémovice a été remis à Philippe Paret pour son mémoire de master Le communisme rural en Haute-Vienne. Étude d'une culture politique de la Libération à la fin des années 1960.

L'assemblée générale a notamment débattu du projet d'ouvrage sur

Les circulations dans l'histoire. Le cas du Limousin

 


 

Premier Café de l'Histoire

Le 4 octobre, Le Café de l'Histoire a tenu sa première lecture devant une nombreuse assistance.  Animé par Luc Ferran, Evelyne Proust et Jean-Marie Allard, Il était consacré au thème suivant :

Prodiges et tumultes au XIIe siècle. La chronique de Geoffroi de Vigeois, moine de Saint-Martial de Limoges.

 


 

Nos adhérents publient...

 

Deux très belles thèses dernièrement publiées par les Presses universitaires de Limoges - Pulim :

Stéphane LAJAUMONT, Un pas de deux - Clercs et paroissiens en Limousin (vers 1660-1789)

Depuis le début du XXe siècle, le Limousin est considéré comme une province très détachée de la religion et une terre de mission pour l’Église catholique. Des historiens et des sociologues ont recherché les racines de cette attitude dans les siècles antérieurs à l’époque contemporaine. Stéphane Lajaumont a renversé la perspective et décidé d’examiner sans a priori les relations des clercs et des fidèles, depuis les années 1660 qui correspondent à l’achèvement de la mise en place d’une Église conçue sur le modèle tridentin jusqu’à la Révolution. Empruntant les pistes de la formation et du discours des prêtres, des transformations de l'espace sacré, des missions, des processions et des confréries et mobilisant un corpus de sources primaires d’une ampleur inégalée  et souvent inédit – les sermons des curés limousins notamment –, Stéphane Lajaumont propose une fine analyse des pratiques pastorales de l’Église. Il démontre qu’au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, sous des épiscopats marqués par l’influence saint-sulpicienne, les prêtres ont inscrit leur pastorale et le message religieux dans les cadres et les pratiques communautaires de la société limousine. Grâce à leur art de l’accommodement, un « pas de deux » fut possible entre clercs et fidèles. Il dura sans anicroche sérieux jusqu’aux années 1770, marquées par des signes d’un détachement religieux perceptible en Limousin comme dans la quasi-totalité du royaume par un détachement religieux.

David GLOMOT, Heritage de serve condition, une société et son espace - La Haute Marche à la fin du Moyen Age

La Haute-Marche est une province méconnue, entre France d’oc et France d’oïl. Survolons ses paysages des années 1450-1530 : au village, clercs et seigneurs exercent une pression forte sur des paysans maintenus dans le servage. L’émigration et le regroupement en communautés familiales permettent la survie dans un finage couvert de landes, pauvre en bois et où l’on produit surtout du seigle.
Pourtant, des innovations apparaissent, comme le métayage. La société et l’économie s’en trouvent changées, avec la diffusion du bocage. Seigneurs et paysans bâtissent un nouveau paysage, de plus en plus contrasté. L’utilisation de l’informatique a permis de révéler cette géographie passée, faite de mutations découvertes grâce à la lecture d’un important corpus de terriers.


"Georges Guingouin, du mythe à l'histoire"

Une conférence de Fabrice Grenard

Une assistance particulièrement nombreuse.

La conférence n'a pas manqué de provoquer quelques réactions polémiques. La salle ne s'y est pas trompée et a manifesté son grand intérêt pour les propos de F. Grenard. Le fils d'un résistant limousin a ainsi déclaré : "Cela fait des décennies que j'attendais un tel ouvrage".